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HarfangLab publie son rapport annuel ThreatScape : quand les cyberattaques n’ont plus de frontières numériques.

Paris, le 15 janvier 2026 - HarfangLab, entreprise européenne de cybersécurité, dévoile aujourd'hui son rapport annuel ThreatScape, qui décrypte les tendances et analyse les cybermenaces à l’horizon 2026. Ce rapport identifie les évolutions clés et les risques émergents qui sont susceptibles de remodeler le paysage des menaces. Le rapport revient également en détail sur les prévisions formulées l’année dernière par l’équipe CTR d’HarfangLab, qui se sont depuis confirmées.

Pierre Delcher, responsable de l'équipe CTR chez HarfangLab, explique : « Nos prévisions ont pour but d'aider nos lecteurs à anticiper les évolutions dans le cyberespace. Bien que l’exercice prospectif soit de plus en plus difficile chaque année, nous nous engageons à fournir aux décideurs et aux professionnels de la cybersécurité des éléments d’analyse leur permettant de faire face à un environnement incertain. »

Il ajoute : « L’année 2026 s’ouvre avec une nouvelle opération militaire ayant conduit à l'enlèvement du président du Venezuela. Lors d'une conférence de presse le 3 janvier, le président du Comité des chefs d'état-major américain et le président des États-Unis ont indiqué que cette opération pourrait avoir été appuyée par des cyberattaques contre des infrastructures critiques et des systèmes de défense étrangers. Un scénario que nos prévisions avaient déjà anticipé en 2024.

Tendances clés et anticipations pour 2026

En 2026, ces tendances pourraient redéfinir le paysage des cybermenaces:

  • Vers une érosion croissante du pouvoir des États dans le cyberespace : l'autorité des États dans le cyberespace continuera de s'éroder à mesure que le contrôle démocratique cède la place à une oligarchie commerciale et une économie criminelle professionnalisée. Les observations actuelles montrent que le déséquilibre entre les États et les « géants du numérique » se creuse, en particulier avec le développement rapide des intégrations d'IA et la dépendance des infrastructures critiques aux actifs informatiques privés. De plus, les décisions publiques actuelles prises par les gouvernements, y compris aux États-Unis, tendent à illustrer une préférence croissante pour la « domination technologique » des entreprises plutôt que pour le contrôle public. Parallèlement, la demande croissante d’outils d’intrusion par les agences de renseignement, services de sécurité et forces militaires entretient un marché « gris » déréglementé, exacerbant la perte d’influence des régulateurs face aux acteurs privés.
  • Fournisseurs privées, cyber espionnage et lobbying : Les fournisseurs privés d’outils de cyberattaque continuent de se développer, soutenus par les investissements et l’adoption par les États. Cette expansion incite les entreprises à intensifier leurs efforts de lobbying afin de limiter la surveillance future et de protéger leurs intérêts. On peut citer l’exemple des logiciels espions mobiles, de plus en plus acquis par certains pays malgré les tentatives visant à en restreindre leur prolifération.
  • Renforcement de la posture étatique face aux cyberattaques : les États tenteront d'adopter une posture plus directe face aux cybermenaces, en combinant poursuites judiciaires, attribution publique et actions visant à perturber les acteurs malveillants. Dans le cadre d'une réponse plus ferme aux cyberattaques provenant d'adversaires étrangers, il est galement possible, un renforcement de la coopération internationale. La lutte contre les cybermenaces ne se déroulant pas uniquement dans le cyberespace, les États adopteront une posture plus ferme et plus proactive.
  • Partir du principe qu’il y a une “fuite de données” : Face à l’augmentation des violations de données et à la délégation croissante du traitement des informations, certaines entreprises pourraient réduire leurs efforts traditionnels de protection pour se concentrer sur des stratégies visant à compliquer l’exploitation des données volées. L’approche dite de « partir du principe qu’il y a fuite » consiste à considérer que l’adversaire a déjà accédé aux données sensibles. L’objectif est alors de rendre ces informations inutilisables ou impossibles à monétiser. Certaines avancées récentes en cryptographie anamorphique laissent entrevoir la possibilité de réduire considérablement l’exposition, en maintenant les données chiffrées même pendant leur traitement, limitant ainsi le risque associé à une éventuelle compromission
  • L’IA comme catalyseur des fraudes et des cyber-extorsions : la prolifération de l’IA générative facilite les cyberattaques menées par des acteurs peu expérimentés et permet de lancer des campagnes de tromperie hyper-personnalisées, automatisées et particulièrement convaincantes. Ces attaques peuvent se déployer à un rythme et à une échelle qui dépassent progressivement les capacités des organisations chargées de les contrer, rendant la protection contre ces menaces de plus en plus complexe.
  • Le monde numérique et physique fusionnent : l'intégration d'agents autonomes dans les processus industriels crée de nouvelles failles de sécurité. En exploitant les vulnérabilités propres à l'IA, les attaquants pourraient créer des perturbations dans le « monde physique ». Ce risque pourrait s'intensifier à mesure que le monde numérique et les opérations physiques fusionnent toujours plus. Ces manipulations cinétiques, comme le détournement de marchandises ou la dégradation d’infrastructures, vont donc s’intensifier.
  • Les agents autonomes comme vecteur de vulnérabilités : la délégation de fonctions critiques de cybersécurité à des agents autonomes pourrait introduire des vulnérabilités systémiques, compromettant l’efficacité des processus de détection et de réponse. Une augmentation des renseignements de qualité insuffisante est également probable, ce qui pourrait saturer le marché et nuire à la prise de décision stratégique.
  • Industrialisation et automatisation des attaques « avancées » : à mesure que les cyberattaquants industrialisent les menaces sophistiquées, ils atteignent une vitesse et une portée inédites. En automatisant l'exploitation des failles, en multipliant les compromissions mobiles ou celles de la chaîne d'approvisionnement et en intensifiant l'empoisonnement des données, ils optimisent leurs opérations. Leur expérience alliée à l'IA leur permet désormais de déployer ces attaques à grande échelle et à moindre coût humain. Par conséquent, les activités autrefois jugées « complexes » deviennent la norme, portées par une accélération industrielle.
    • Par exemple, le délai entre la divulgation d'une vulnérabilité et son exploitation est passé de plusieurs semaines à quelques heures.
    • L'exploitation des failles de sécurité sur les téléphones mobiles devrait connaître une croissance massive.
    • Une hausse croissante des compromissions ciblant la chaîne d’approvisionnement est attendue, y compris les attaques affectant les services Cloud et les solutions SaaS.
    • Accélération significative des opérations d’empoisonnement des données et de manipulation l'information.
  • Exploiter tout son potentiel : les organisations étatiques disposent du temps et des ressources nécessaires pour développer et tester des cyberattaques. Cette maturation devrait conduire à la découverte de cyberopérations hautement sophistiquées et synchronisées orchestrées par les gouvernements. Depuis 2022, l’intensification des tensions géopolitiques et la multiplication des conflits à travers le monde ont poussé ces organisations étatiques à exploiter non seulement leurs capacités actives, mais aussi des arsenaux longtemps restés inutilisés.

En conclusion, cette année est marquée par une recrudescence des cybermenaces, alimentée par les tensions géopolitiques et l’usage généralisé de l’intelligence artificielle. Forts de leur expérience et encouragés par l’implication des États, plusieurs groupes d’attaquants intensifient leurs actions, provoquant des dommages pouvant dépasser le cadre strictement numérique et impacter directement des infrastructures physiques. La capacité à anticiper ces menaces, ainsi qu’une compréhension fine du contexte, peuvent aider les organisations à conserver l’ascendant sur leurs adversaires. La bonne nouvelle est que, si le niveau de risque augmente, la cyberdéfense gagne également en maturité ; l’IA, bien qu’exploitée par les attaquants, peut aussi devenir un levier puissant permettant aux défenseurs de mieux détecter et neutraliser les menaces.

Vous pouvez lire le rapport complet sur Inside the Lab.

Vous pouvez également consulter les prévisions de l'année dernière ici.

A propos d’HarfangLab

Fondée en 2018, HarfangLab est une entreprise européenne de cybersécurité experte dans la protection des terminaux. Ses solutions détectent et neutralisent les menaces connues et inconnues sur les postes de travail et les serveurs, et offrent une visibilité optimale sur les systèmes d'information. L’EDR d’HarfangLab est le premier à être certifié et qualifié par l’ANSSI et le BSI allemand. Grâce à son EDR mais aussi son EPP, HarfangLab protège aujourd’hui des centaines de clients à travers le monde : entreprises de toutes tailles et organismes publics, notamment dans des secteurs sensibles.

HarfangLab peut être déployé en Cloud, SecNumCloud, On-Premises et en environnement Air-gapped avec les mêmes fonctionnalités.

Grâce à la transparence de ses règles de détection, son API et ses connecteurs, c'est une plateforme à la fois ouverte et scalable qui tire parti de l'IA pour réduire efficacement l'alert fatigue des équipes SOC.

Plus d’informations sur https://harfanglab.io/