Les dirigeants d'entreprises européennes sont aujourd'hui conscients que le risque cyber représente la principale menace pour la continuité de leurs activités. Pourtant, nombreux sont ceux qui hésitent encore à en faire un sujet stratégique relevant directement du conseil d’administration. Une nouvelle étude menée par HarfangLab, leader européen de la détection et de la réponse sur le worskspace, révèle que près des trois quarts des dirigeants français (70 %) estiment qu'un incident cyber pourrait perturber significativement leurs opérations et leurs revenus. En France, 46 % des entreprises constatent un impact sur leur chiffre d'affaires le jour même d'une cyberattaque.
Malgré cette prise de conscience, seules 18 % des organisations déclarent que la continuité opérationnelle et la reprise rapide des activités constituent l'objectif principal de leur stratégie de cybersécurité. Plus de la moitié des dirigeants (58 %) reconnaissent par ailleurs que la cybersécurité est encore principalement traitée comme un sujet technique, plutôt que comme une responsabilité partagée au niveau du comité de direction.
Les entreprises ne placent véritablement la cybersécurité à l'agenda du PDG que lorsque les revenus sont directement menacés. Les organisations dont le chiffre d'affaires est affecté le jour même sont d’ailleurs deux fois plus susceptibles d'en faire une priorité pour leur dirigeant (46 % contre 23 % en moyenne). Un constat qui illustre une réalité plus large : l'implication de la direction s'accroît lorsque l'impact sur l'activité est immédiat et tangible.
Les entreprises françaises perdent des revenus dès le premier jour d'une cyberattaque, et mettent plusieurs jours à s'en remettre
Les dirigeants français classent les cyberattaques comme la principale menace pour la continuité de leurs activités, devant l'instabilité géopolitique, les pénuries de compétences et les risques liés à l'intelligence artificielle. Le risque cyber est perçu comme prioritaire parce qu'il est immédiat, mesurable et affecte directement les opérations.
Un quart (24 %) des organisations françaises estiment qu’une interruption de 24 heures de leurs activités critiques entraînerait une perte de revenus significative (affectant 16 % ou plus de leur chiffre d’affaires quotidien). Parmi elles, 3 % anticipent même une perte pouvant dépasser 25 % des revenus journaliers.
Dans le même temps, les organisations françaises estiment qu’il leur faut en moyenne 6,04 jours pour retrouver un fonctionnement normal après un cyberincident, révélant un écart préoccupant entre l’immédiateté des conséquences économiques et le délai requis pour s’en remettre. Ces chiffres sont d’autant plus préoccupants qu’ils sont les plus élevés d’Europe, la moyenne étant à 4,32 jours. L’Allemagne, l’Italie et l’Autriche sont respectivement à 3,53, 3,46 et 3,48 jours.
Une gouvernance cyber encore trop fragmentée
Si le risque cyber est de plus en plus perçu comme un enjeu stratégique, sa gouvernance reste fragmentée entre fonctions techniques et exécutives, laissant de nombreuses organisations sans responsable clairement identifié pour piloter la résilience cyber.
L’étude montre que la responsabilité est partagée entre les PDG (9 %), les RSSI (25 %) et les DSI (42 %), sans qu'une véritable autorité ne s'impose.
La responsabilité en cas de violation de sécurité est tout aussi fragmentée : 12 % des répondants considèrent que le PDG serait tenu responsable, 40 % désignent les CIO, CISO ou CTO, tandis que 33 % pointent les prestataires externes, confirmant l’absence d’un point de responsabilité unique.
Ces chiffres témoignent d’une forte tendance des dirigeants français à déléguer la responsabilité face à une cyberattaque, en témoigne le graphique ci-dessous, correspondant à la moyenne européenne.
En Europe, les investissements dans l'IA progressent plus vite que la gouvernance cyber
Alors même que les organisations prennent conscience des menaces cyber, beaucoup accélèrent parallèlement leurs investissements dans l'intelligence artificielle. La majeure partie de ces investissements cible l'amélioration de la productivité et de l'efficacité (23 %), tandis que seulement 16 % des entreprises européennes les orientent vers la cybersécurité et la défense.
Parallèlement, moins de la moitié des organisations (46 %) imposent une revue de sécurité avant le déploiement d'outils d'IA, et seulement 40 % disposent de politiques formelles pour encadrer leur utilisation. Ces résultats témoignent d'un déséquilibre croissant : les entreprises déploient l'IA plus vite qu'elles ne construisent les cadres de gouvernance nécessaires pour la sécuriser.
La réglementation impose un nouveau niveau d’exigence
À mesure que le risque cyber s'imbrique davantage dans la continuité d'activité, la pression réglementaire met à l’ordre du jour la cybersécurité dans les conseils d'administration.
Ainsi, 81 % des dirigeants français estiment que la réglementation renforce la responsabilité des conseils d'administration en matière de cybersécurité, et 67 % se disent personnellement préoccupés par l'idée d'être tenus responsables en cas d'incident.
Si 72 % considèrent que les réglementations européennes constituent un avantage concurrentiel, beaucoup peinent à les mettre en pratique : 74 % déclarent que leur organisation a du mal à comprendre ce que la réglementation impose concrètement, et 69 % estiment difficile de suivre le rythme des évolutions réglementaires.
Anouck Teiller, CEO Deputy chez HarfangLab commente : « Notre étude met en évidence un décalage criant entre la prise de conscience et la prise de responsabilité. Les dirigeants reconnaissent l'ampleur des perturbations et des pertes de revenus que peuvent causer les incidents cyber, pourtant, la cybersécurité reste fragmentée et traitée comme un sujet informatique. Bâtir une véritable résilience cyber suppose une gouvernance claire, appuyée par une expertise interne solide et des partenaires de confiance. »
Pour télécharger le rapport complet, rdv sur ce lien : https://harfanglab.io/resources/the-state-of-cybersecurity-report-2026/
– FIN –
Méthodologie
Ce rapport s'appuie sur une étude réalisée par Sapio Research pour le compte de HarfangLab. Les entretiens ont été conduits en avril 2026 auprès de 750 dirigeants d'entreprises en France, en Allemagne, en Belgique, aux Pays-Bas, en Autriche et en Italie. Les entreprises interrogées comptent au moins 250 salariés et sont représentatives de plusieurs secteurs d'activité, notamment la santé, l'industrie, la technologie et les services publics.
À propos de HarfangLab
HarfangLab est une entreprise européenne de cybersécurité fondée en 2018, experte dans la protection des terminaux. Ses solutions détectent et neutralisent 100% les menaces connues et inconnues sur les postes de travail et les serveurs, et offrent une visibilité optimale sur les systèmes d'information.
L’EDR d’HarfangLab est le premier à être certifié et qualifié par l’ANSSI et le BSI allemand. Reconnu dans le Magic Quadrant Européen de Gartner et nommé parmi les Vendeurs Notables par Forrester, HarfangLab protège des centaines de clients à travers le monde – entreprises et organisations de toutes tailles, oeuvrant notamment dans des secteurs sensibles – grâce à ses solutions EPP, EDR et ASM.
Afin de permettre à ses clients de maintenir leur autonomie stratégique, les solutions d’HarfangLab peuvent être déployées en Cloud, Cloud Hybride ou On-Premises. Grâce à la transparence de ses règles de détection, son API et ses connecteurs, c'est une plateforme à la fois ouverte et scalable qui tire parti de l'IA pour réduire efficacement l'alert fatigue des équipes SOC.
Plus d’informations sur https://harfanglab.io/